ELLE et MOI quand je ne savais pas pour EUX
Je connaissais ELLE . Je crois même que j’aimais ELLE, j’étais attachée à ELLE. Quand j’ai su pour eux, j’ai pensé qu’elle avait abusé de moi, m’avait trahie, s’était immiscée dans mon intimité et m’avait violée. Cela a été d’une très grande violence pour moi.
Je suis très en colère contre elle : je ne peux parler d’elle sans m’énerver, j’ai du mal même à penser à elle. Mais il faut que je commence.
Dans une conversation ultérieure avec lui, il m’a dit qu’il ne pensait pas qu’elle m’ait jamais, elle, considérée comme une amie. Cela a créé des doutes pour moi. J’aurais voulu prendre le téléphone et lui demander à elle: « mais, tu ne m’aimais pas ? ». Ma psy m’en a heureusement découragée : elle a dit que je ne pourrai jamais avoir la réponse a cette question, et pire encore, elle m’a fait comprendre le danger pour moi de lui donner le pouvoir de me répondre.
Dans cette note, j’ai décidé de me concentrer sur cela : ma relation avec elle comme je me la rappelle. Pas de commentaires, pas de réfexions, je garderai cela pour plus tard.
Nous l’avions connue elle et son compagnon de 15 ans par l’école : mon garçon était ami avec sa fille.
Avec le recul, il est clair que ma relation avec elle n’était pas fondée sur des passions communes, comme avec la plupart de mes autres proches : le cinéma, les voyages, la photo, la décoration, la high-tech, le management, la politique, le féminisme. Seule exception : elle m’avait offert et fait découvrir une série BD qui m’avait touchée, de Marjane Satrapi.
Manque de temps pour les amis ? Facilité des contacts par l’école ? Attirance de lui pour elle, de moi pour elle ? Toujours est-il qu’elle s’est retrouvée au centre de mon intimité :
- Proche des miens. Mon garçon (chez elle après école, vacances), ma mère avec qui elle était à la natation des enfants, et bien sûr LUI, en particulier quand j’étais en voyage,
- Proche de moi : elle était l’amie que je voyais le plus (au moins un café par semaine, sport le samedi matin, déjeuner le samedi midi), et de loin a qui je parlais le plus.
Ce dont nous parlions, c’était de moi et des miens justement.
Elle était attentive, elle m’écoutait, alors je crois que je lui parlais de moi comme si elle était ma deuxième psy. Je me sentais incompétente sur les relations humaines. Je l’écoutais me dire ce qu’elle comprenait.
Et puis, parce qu’elle était présente à des moments ou je n’étais pas là, je la considérais un peu comme l’ange gardien des miens. Elle me parlait du manque de confiance de mon fils et de ses progrès, lançait avec LUI des activités de création : c’était pas mon truc, mais cela pouvait amuser les enfants (pas sur que çà leur ai laisse un souvenir impérissable par ailleurs).
Disons que pour moi elle était la personne qui apportait le BIEN. Dans ma vie trépidante et compliquée, elle représentait le calme, le recul, la maturité. Une sorte de refuge. Un ange.
Est-ce que je savais finalement ? Etais-je aveugle ?
En fait, oui, je les aimais tous les deux, ils étaient assimilés au BIEN. Ils étaient dans mon « cercle de confiance ».
Les dernières semaines, il la regardait trop, il ne me regardait plus moi, alors j’ai commencé à être agacée de leur complicité. Mais j’étais surtout inquiète et impuissante de sentir qu’il ne pouvait plus me supporter : c’était une affaire entre moi et lui.
Une fois j’ai pensé à eux, (un regard ?), je me suis dit non : ils exhibent leur complicité devant moi, nos enfants, et son compagnon à elle. Et puis c’était une sainte. Et puis, c’était mon frère.
Un jour je l’ai surpris sur le balcon : il y avait quelque chose d’intime dans la façon dont il lui parlait au téléphone. Le chagrin est monté, j’ai posé la question, il s’est énervé. Alors je l’ai cru.
Quand il m’a annoncé qu’ils couchaient ensemble depuis 6 mois il y avait quelque chose d’indécent : j’avais l’impression que c’était moi qui couchait maintenant avec elle, j’imaginais son corps nu à elle dans notre lit à la maison. Je ne comprenais pas pourquoi ils avaient éprouvé le besoin de faire évoluer une vraie belle relation d’amitié vers quelque chose comme çà.
En tout cas j’ai pris mon album photo et ai arraché les photos d’elle. Et j’ai pris la BD de Marjane Satrapi et je l’ai jetée à la poubelle. Et quand il m’a dit plus tard qu’il ne savait pas si elle m’avait jamais aimée moi, j’ai cherché une preuve du contraire et je lui ai dit que … elle m’avait offert une BD..



note très touchante, j'en ai les frissons...
Rédigé par:Stephanie | le 17/09/2005 à 15:51
Un psy...
Parfois, je me demande s'ils nous embarquent pas vers des rives que nous n'avons pas envie d'explorer. Le mien a versé dans les rapides et n'a jamais pu en attraper une.
J'allais écrire la chose la plus conne du monde : les enfants sont là. Mais ce serait le conseil le plus minable du monde à donner à quelqu'un qui est en souffrance que de se reposer sur ses enfants. Alors, je me tais, les conseilleurs étant de bien piètres payeurs.
Rédigé par:Raphaël | le 21/09/2005 à 01:46